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Le
Coupeur de mots
séquence
1
Hans
Joachim Schädlich, l’auteur de ce texte, né en 1935 dans l’ex-RDA
(Allemagne de l’Est ), a fait des études de linguistique avant de se
consacrer à la littérature. Il a écrit ce livre pour les enfants, en
1980, après son passage en Allemagne de l’Ouest. L’histoire raconte
comment Paul, un écolier rêveur et paresseux, rencontre un jour un
étrange personnage au parapluie vert et à la valise de bois.
Paul a
décidé de se débarrasser de ses devoirs de classe avant l’entraînement
de foot. Paul allait juste ouvrir son cahier de français quand on sonne
à la porte. Paul entrouvre un peu la porte et il en oublie de refermer
la bouche L’homme à la valise de bois se tient sur le seuil.
—
Je m’appelle Filolog, dit l’homme d’une voix
grondante, craquante et croassante. J’ai une proposition à te
faire, ajoute-t-il en tapant sur sa valise.
Paul
répond:
— Mes
parents travaillent, reviens plutôt ce soir, s’il te plaît Mais l’homme
poursuit:
— Je me charge de tous tes devoirs de classe pendant une semaine si
tu me donnes toutes tes prépositions et... disons, par exemple, tes
articles définis. Ce n’est pas grand-chose.
Paul
réfléchit et réplique:
—
Mais comment est-ce que je te donnerais mes prépositions et quoi que
ce soit de ce genre ? Je ne les ai pas dans mon placard.
— Tu dis que tu me les donnes, un point c’est tout. Et bien sur,
je te fais un reçu.
Alors
Paul se dit : "Toute une semaine sans devoirs à la maison... Et il
me suffit de dire : " Je te donne mes prépositions, et... et quoi
? Ah, oui, mes articles définis. " Si ce n’est que ça. "
Paul a décidé:
— D’accord,
je te donne mes prépositions et mes articles définis.
Il
conduit l’homme jusqu’à sa chambre. Filolog pose son grand
parapluie vert dans un coin, ouvre sa valise en bois et en sort un
bloc-notes. Pendant qu’il rédige le reçu. Paul voit ce que
contient la valise. Elle est remplie de petites boîtes en bois et chaque petite boîte porte une étiquette. Paul lit
sur une étiquette le mot " pronoms" et un nom qu’il croit
connaître. Paul se souvient que c’est celui d’un élève de la
classe au-dessus, il se dit "Je ne suis donc pas le seul."
Filolog,
assis au bureau de Paul, tend le reçu à Paul et s’attaque
immédiatement à ses devoirs. Paul fourre le reçu dans la poche de
son pantalon et dit:
— Je vais stade.
Filolog arbore un sourire satisfait.
Le soir, la maman de Paul demande si Paul a fait ses
devoirs.
— Oui, répond Paul.
— Et qu’est-ce que tu as fait d’autre? demande la maman de Paul.
— Oh, répond Paul, je suis allé entraînement foot. Ensuite
nous sommes allés marchand de glaces.
La maman de Paul fixe Paul avec de grands yeux, mais elle ne dit rien.
Elle pense que Paul a sans doute encore inventé un nouveau jeu.
A
propos de la pluie qu’il a reçue le matin même Paul raconte:
— Pluie s’écrasait tramway, comme des vagues aussi hautes
qu’une maison.
La maman de Paul l’interrompt
— Tu ne vas quand même pas me raconter que le tramway a
été écrasé par la pluie!
— Mais, je n’ai jamais dit ça! rétorque Paul.
C’est à l’école que les choses se gâtent vraiment. Les camarades de
Paul s’aperçoivent tout de suite qu’il y a quelque
chose qui ne va pas. Dès qu’il prononce une parole, tous les regards
sont rivés sur lui.
En géographie, comme Paul est interrogé et que le maître lui
demande où se jette le Main, Paul répond
— Main se jette Rhin.
Tout le monde rit, même les amis de Paul. Le professeur
reprend
— Le Main ne se jette rien du tout, Paul.
Au directeur qui passe dans le couloir pendant la récréation
et veut savoir si le professeur est encore dans la classe, Paul
répond:
— Non, il n’est pas classe.
Le directeur en reste une seconde sans voix. Dans son affolement, Paul oublie ce que dit le directeur. Ce n’est en tout cas rien
de très agréable.
Deux semaines s’écoulent Paul a de plus en plus de loisirs, mais
le magicien lui prend de plus en plus de mots ! Et il revient une troisième fois...
Dès le lendemain, Paul mesure l’ampleur des dégâts.
Au déjeuner, sa maman lui demande de faire les courses en sortant de
l’école. Paul doit acheter une part de brie, des quenelles de
brochet, deux grappes de chasselas, une frisée. En plus,
sa mère a besoin d’un paquet de frites congelées
pour accompagner les brochettes.
— Tu veux que je te fasse une liste, ou est-ce que tu
t’en souviendras? interroge la maman de Paul.
— Pas liste.
À la sortie de l’école, Paul va à la petite
épicerie du coin.
La vendeuse lui demande
— Qu’est-ce qu’il te faut, Paul?
Paul débite d’un trait la commande de sa mère
— Une part de rie, des quenelles de rochet, deux
rappes de hasselas, une risée. Et un paquet de rites congelées pour
accompagner les rochettes.
La vendeuse, qui a entendu parler de ce qui arrive à Vaut répond en s’efforçant
de garder son sérieux:
— Je regrette, Paul, nous n’avons pas ça. Il faut
que tu essaies ailleurs.
Paul sort en trébuchant. Tout l’après-midi, il arpente les mes de
la ville. Il s’apprête à renoncer, lorsqu’il aperçoit enfin Filolog
sortant d’une maison. Filolog porte dans la main gauche son parapluie,
dans la main droite sa valise en bois.
— Filolog! appelle Paul.
Filolog se retourne et attend.
À bout de souffle, Paul s’arrête devant Filolog et
lance le plus vite qu’il peut:
— Je vouloir tout reprendre!
Mais Filolog se contente de lui éclater de rire au nez.
— N’importe qui peut venir me dire ça, répond-il.
Nous avons conclu un marché, sérieux, et basta*. Ou bien, est-ce que par
hasard je n’aurais pas fait tes devoirs?
Paul est désespéré.
— Je te donner mes indiens, mes voitures, et même mon
racteur Et mon ballon de foot! dit Paul.
Filolog rit.
— Je ne collectionne pas ce genre d’objets,
réplique-t-il, mais j’ai une idée.
Il ouvre sa valise et en tire une feuille de papier.
- Je te rendrai tout, déclare-t-il, si tu trouves
tout ce qui manque sur cette feuille. Tu as un jour de délai. Nous nous
retrouverons ici même.
Paul arrache le papier des mains de Filolog et rentre
chez lui en courant. Sa maman est très en colère parce qu’il n’a
pas fait les courses. Maintenant il faut qu’elle aille faire les commissions
elle même, alors qu’elle est fatiguée par son travail. Paul s’éclipse
dans sa chambre et lit la page de Filolog. Et voilà ce qu’il lit
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séquence
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